Lorsqu’un salarié annonce une naissance à venir, la question n’est plus seulement de savoir quand il s’absentera. En 2026, les entreprises doivent composer avec une évolution importante du droit social : l’arrivée du nouveau congé supplémentaire de naissance, qui vient compléter les congés maternité, paternité et adoption déjà existants.
Pour les familles, l’objectif est simple : permettre aux parents de passer davantage de temps auprès de leur enfant durant ses premiers mois de vie. Pour les employeurs, cela implique d’anticiper des absences potentiellement plus longues et d’adapter l’organisation des équipes.
Dans les grandes entreprises, cette évolution passera souvent relativement inaperçue. Dans une PME de 10 ou 15 salariés, elle peut au contraire avoir un impact direct sur la planification des projets, la gestion des remplacements ou la charge de travail des collaborateurs présents.
- Ce qui change en 2026 : la réponse rapide
- Pourquoi l’État accorde davantage de temps aux jeunes parents ?
- Le congé maternité reste le socle de la protection des salariées
- Le congé de paternité a profondément changé les habitudes des entreprises
- Le nouveau congé supplémentaire de naissance : qui peut en bénéficier ?
- Quelle est la durée du nouveau congé de naissance ?
- Les dates à connaître absolument
- Comment est indemnisé le congé supplémentaire de naissance ?
- Ce que change concrètement le congé supplémentaire de naissance
- Comment demander le congé supplémentaire de naissance ?
- Questions fréquentes sur le congé supplémentaire de naissance
- Ce qu’il faut retenir
Ce qui change en 2026 : la réponse rapide
Depuis le 1er juillet 2026, chaque parent peut bénéficier d’un nouveau congé supplémentaire de naissance d’une durée de 1 à 2 mois, en complément des congés existants. Ce congé est indemnisé par la Sécurité sociale et concerne les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026.
Il peut être pris après le congé maternité, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou le congé d’adoption. Chaque parent dispose de son propre droit, non transférable à l’autre parent.
Il s’agit de l’évolution la plus importante des congés parentaux depuis l’allongement du congé de paternité intervenu en 2021.
Pourquoi l’État accorde davantage de temps aux jeunes parents ?
Pendant longtemps, les dispositifs liés à la naissance ont principalement reposé sur le congé maternité. Ces dernières années, la place du second parent a progressivement été renforcée, notamment avec l’allongement du congé de paternité en 2021.
Le nouveau congé supplémentaire de naissance s’inscrit dans cette continuité. L’objectif est de permettre aux familles de passer davantage de temps auprès de leur enfant durant les premiers mois, une période souvent considérée comme essentielle pour le développement du nourrisson et l’équilibre familial.
Pour les entreprises, cette évolution reflète aussi une transformation du monde du travail. Les jeunes actifs accordent de plus en plus d’importance à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. La parentalité fait désormais partie des sujets qui influencent l’attractivité d’un employeur.
Le congé maternité reste le socle de la protection des salariées
Malgré les nouveautés de 2026, le congé maternité demeure le principal dispositif de protection des salariées enceintes.
Dans le cas général, sa durée reste fixée à 16 semaines pour une première ou une deuxième naissance, réparties entre congé prénatal et congé postnatal.
Les obligations de l’employeur restent inchangées : protection renforcée de la salariée, autorisations d’absence pour les examens médicaux obligatoires et préparation du retour dans l’entreprise.
Si le congé maternité reste la pierre angulaire du dispositif, les entreprises doivent désormais composer avec des droits élargis pour l’ensemble des parents grâce au congé de paternité renforcé et au nouveau congé supplémentaire de naissance.
Le congé de paternité a profondément changé les habitudes des entreprises
Depuis sa réforme de 2021, le congé de paternité permet au père ou au second parent de bénéficier de 25 jours calendaires de congé pour une naissance simple et de 32 jours en cas de naissances multiples.
Cette évolution a progressivement modifié les pratiques RH.
Il y a encore quelques années, certains salariés n’utilisaient qu’une partie de leur congé. Aujourd’hui, la majorité des entreprises intègrent pleinement ces absences dans leur organisation.
L’arrivée du congé supplémentaire de naissance poursuit cette logique : la parentalité n’est plus seulement un sujet lié à la mère, mais une responsabilité partagée entre les deux parents.
Le nouveau congé supplémentaire de naissance : qui peut en bénéficier ?
Le nouveau congé supplémentaire de naissance concerne :
- les salariés du secteur privé ;
- les agents publics ;
- les travailleurs indépendants ;
- les salariés et non-salariés agricoles ;
- les artistes-auteurs ;
- certains demandeurs d’emploi et autres publics couverts par le dispositif.
Il s’adresse aux parents d’un enfant :
- né à compter du 1er janvier 2026 ;
- adopté à compter du 1er janvier 2026 ;
- ou né avant cette date lorsque l’accouchement était initialement prévu à partir du 1er janvier 2026.
Le dispositif est ouvert aussi bien à la mère qu’au père, au conjoint, partenaire de PACS ou concubin, ainsi qu’aux parents adoptifs.
Quelle est la durée du nouveau congé de naissance ?
Chaque parent dispose d’un droit individuel pouvant aller jusqu’à 1 ou 2 mois.
Le congé peut être pris en une seule fois ou fractionné en deux périodes d’un mois.
Les parents peuvent également choisir de prendre ce congé simultanément ou à des périodes différentes.
Certains choisiront de prolonger ensemble leur présence auprès du nouveau-né. D’autres préféreront s’organiser en relais afin qu’un parent puisse rester plus longtemps au domicile. Cette souplesse répond aux besoins des familles, mais elle oblige également les entreprises à anticiper davantage leurs plannings.
Les dates à connaître absolument
Si l’enfant est né ou adopté entre le 1er janvier et le 30 juin 2026
Le congé peut être demandé à compter du 1er juillet 2026.
Le délai de 9 mois est alors calculé à partir du 1er juillet 2026 et non de la date de naissance.
Le congé devra donc débuter au plus tard le 31 mars 2027.
Si l’enfant est né ou adopté à partir du 1er juillet 2026
Le congé doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant dans le foyer.
Attention
Le congé supplémentaire de naissance ne peut commencer qu’après la fin du congé maternité, du congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou du congé d’adoption.
Comment est indemnisé le congé supplémentaire de naissance ?
Le congé est pris en charge par la Sécurité sociale sous forme d’indemnités journalières.
Pour les salariés du secteur privé :
- 70 % du salaire plafonné pendant le premier mois ;
- 60 % du salaire plafonné pendant le second mois.
Le salaire pris en compte est plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 euros en 2026.
Sauf disposition conventionnelle plus favorable, cette indemnisation n’est pas directement financée par l’employeur.
Les travailleurs indépendants sont également concernés
Contrairement à certaines idées reçues, le nouveau congé supplémentaire de naissance ne s’adresse pas uniquement aux salariés.
Les travailleurs indépendants, professions libérales, artisans, commerçants, exploitants agricoles et autres non-salariés peuvent également en bénéficier sous certaines conditions.
Comme pour les salariés, ce congé ouvre droit à une indemnisation versée par l’organisme d’assurance maladie dont dépend l’assuré. Les modalités de calcul varient toutefois selon le statut professionnel, les revenus déclarés et le régime de rattachement.
Pour connaître précisément le montant de leur indemnisation, les indépendants ont intérêt à se rapprocher de leur caisse d’assurance maladie (Assurance maladie, MSA pour les exploitants agricoles ou organisme compétent selon leur situation). Ils pourront ainsi obtenir une estimation personnalisée et vérifier les conditions applicables à leur activité.
Pour ces professionnels, l’enjeu dépasse souvent la seule question des indemnités. Là où un salarié s’absente de son poste tout en conservant une partie de sa rémunération, un entrepreneur doit parfois réorganiser entièrement son activité, reporter certains rendez-vous, déléguer certains dossiers ou anticiper une baisse temporaire de chiffre d’affaires.
Avant de planifier ce congé, il est donc recommandé d’évaluer son impact potentiel sur la trésorerie et sur la continuité de l’activité. Cette réforme concerne ainsi une part importante des entrepreneurs français, bien au-delà du seul salariat.
Ce que change concrètement le congé supplémentaire de naissance
Au-delà de l’aspect réglementaire, la véritable nouveauté se situe dans l’organisation.
| Situation | Avant juillet 2026 | Depuis juillet 2026 |
| Congé du second parent | Jusqu’à 25 jours | Jusqu’à 25 jours + 1 à 2 mois supplémentaires |
| Gestion RH | Absences généralement limitées à quelques semaines | Absences potentiellement plus longues |
| Remplacement | Souvent ponctuel | Anticipation plus importante |
| Planification des équipes | Relativement simple | Nécessite davantage d’organisation |
Pour les salariés, cette évolution représente davantage de temps auprès de leur enfant durant ses premiers mois de vie. Pour les employeurs, notamment dans les petites structures, elle implique surtout une anticipation plus importante des absences et des remplacements éventuels.
La bonne nouvelle est que le dispositif repose sur des règles relativement simples, à condition de respecter les délais et les démarches prévus par les textes.
Comment demander le congé supplémentaire de naissance ?
Pour bénéficier du nouveau congé supplémentaire de naissance, le salarié doit informer son employeur de son intention de prendre ce congé ainsi que des dates envisagées.
Dans la plupart des cas, cette demande doit être effectuée au moins un mois avant le début du congé. Lorsque celui-ci suit immédiatement un congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou un congé d’adoption, ce délai peut être réduit à 15 jours.
Pour les parents concernés, l’anticipation reste la meilleure approche. Plus les dates sont communiquées tôt, plus il est facile d’organiser la continuité de l’activité et la transmission des dossiers en cours.
Du côté des employeurs, quelques vérifications s’imposent : s’assurer que le salarié remplit les conditions d’éligibilité, contrôler les délais légaux et préparer l’organisation de l’absence ainsi que du retour dans l’entreprise.
Dans les petites structures, où chaque collaborateur occupe souvent plusieurs fonctions, quelques semaines de préparation peuvent faire une réelle différence. Une absence anticipée est généralement beaucoup plus simple à gérer qu’un départ préparé dans l’urgence.
Questions fréquentes sur le congé supplémentaire de naissance
Le nouveau congé de naissance remplace-t-il le congé de paternité ?
Non. Il vient s’ajouter aux congés existants et ne remplace ni le congé maternité ni le congé de paternité.
Qui finance le congé supplémentaire de naissance ?
L’indemnisation est assurée par la Sécurité sociale sous forme d’indemnités journalières.
Les enfants nés début 2026 sont-ils concernés ?
Oui. Le dispositif couvre les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026.
Un employeur peut-il refuser ce congé ?
Dès lors que les conditions légales sont remplies, il s’agit d’un droit pour le salarié.
Le congé peut-il être fractionné ?
Oui. Il peut être divisé en deux périodes d’un mois.
Ce qu’il faut retenir
L’année 2026 marque une évolution importante des congés parentaux en France. Avec l’arrivée du congé supplémentaire de naissance, chaque parent peut désormais bénéficier d’un temps supplémentaire auprès de son enfant après les congés déjà existants.
Pour les familles, il s’agit d’un temps précieux auprès de l’enfant à un moment où chaque semaine compte.
Pour les employeurs, notamment dans les PME, le sujet dépasse largement le cadre administratif. L’enjeu sera surtout d’anticiper ces absences afin d’éviter qu’elles ne deviennent un facteur de désorganisation.
Les entreprises qui intégreront rapidement ces nouvelles règles dans leur gestion RH limiteront les difficultés tout en renforçant leur attractivité auprès des talents. Comme souvent en matière sociale, la meilleure stratégie reste l’anticipation : s’informer, préparer les remplacements et maintenir un dialogue clair avec les collaborateurs concernés.
Pour aller plus loin :
Gérer les demandes de congés avec une application RH
Cadeaux salariés : ce qui est exonéré de charges sociales en 2026
Dernière modification le par Frédéric Courtois







