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Bilan de compétence : Qui peut en faire un ?

​Dans un contexte professionnel en constante mutation, le bilan de compétences s’impose comme un outil stratégique pour évaluer ses acquis, envisager une reconversion ou dynamiser sa carrière.

Mais qui peut réellement en bénéficier en 2025 ? Tour d’horizon des publics éligibles, des modalités d’accès et des dispositifs associés.​

 

Qu’est-ce qu’un bilan de compétences ?

Le bilan de compétences permet à un individu d’analyser ses compétences professionnelles et personnelles, ses aptitudes et ses motivations. Il aide à définir un projet professionnel ou de formation. Ce processus, encadré par le Code du travail, se déroule généralement en trois phases :​

  1. Phase préliminaire : analyse de la demande et définition des besoins.
  2. Phase d’investigation : identification des compétences, des motivations et des possibilités d’évolution.
  3. Phase de conclusion : élaboration du projet professionnel et des étapes pour sa mise en œuvre.

 

un employé devant son pc

 

Salariés du secteur privé

Tous les salariés du secteur privé, qu’ils soient en CDI, CDD, contrat de professionnalisation ou intérimaires, ont la possibilité de réaliser un bilan de compétences. Ce droit est encadré par le Code du travail (articles L6313-4 à L6313-5) et peut être mobilisé à deux niveaux : à l’initiative de l’employeur ou du salarié lui-même.

Lorsqu’il est initié par l’employeur, le bilan de compétences s’inscrit généralement dans le cadre du plan de développement des compétences de l’entreprise. Il nécessite toutefois l’accord écrit du salarié, car la participation à un tel dispositif reste volontaire. En cas de refus, cela ne peut en aucun cas constituer une faute ou un motif de sanction.

À l’inverse, si le salarié souhaite réaliser un bilan de manière autonome, il peut mobiliser son Compte Personnel de Formation (CPF), alimenté à hauteur de 500 € par an (plafonné à 5 000 €) pour les salariés à temps plein. Le CPF permet de financer intégralement ou partiellement le bilan, selon le coût facturé par l’organisme prestataire. Ce dernier doit être certifié Qualiopi, gage de qualité exigé pour tout financement par des fonds publics ou mutualisés.

Enfin, les salariés en arrêt de travail, en congé parental ou en reconversion peuvent également y accéder, sous certaines conditions, notamment en mobilisant le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) pour être accompagnés dans leurs démarches.

 

Agents de la fonction publique

Les agents titulaires ou contractuels des trois versants de la fonction publique — État, territoriale et hospitalière — bénéficient eux aussi du droit au bilan de compétences, dans le cadre d’une politique de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ou d’un projet personnel.

La demande peut être faite à l’initiative de l’agent ou à celle de l’administration, mais dans tous les cas, l’accord de l’agent est requis. Le bilan peut être réalisé pendant ou en dehors du temps de travail. Lorsqu’il a lieu sur le temps de travail, un congé spécifique pour bilan de compétences peut être accordé, dont la durée ne peut excéder 24 heures de travail effectif, réparties sur plusieurs semaines. Ce congé est encadré par la circulaire du 19 mars 2018 relative à la formation professionnelle dans la fonction publique.

Il est également à noter que les résultats du bilan, confidentiels par nature, ne peuvent être transmis à l’employeur ou à l’administration sans le consentement explicite de l’agent. Cela garantit une liberté totale dans la démarche et une protection de la vie professionnelle.

 

Demandeurs d’emploi

Les demandeurs d’emploi, qu’ils soient inscrits ou non à France Travail, peuvent réaliser un bilan de compétences dans le cadre de leur parcours de retour à l’emploi ou de reconversion professionnelle. Cette démarche peut être proposée par le conseiller France Travail lors d’un entretien, ou sollicitée directement par le demandeur d’emploi.

Le financement peut s’effectuer via le CPF du bénéficiaire, dont le montant disponible est visible sur le site officiel moncompteformation.gouv.fr. Pour les personnes ayant peu ou pas de droits sur leur CPF, France Travail peut proposer une prise en charge totale ou partielle, notamment dans le cadre de dispositifs comme l’AIF (Aide Individuelle à la Formation).

L’objectif est de faciliter l’élaboration d’un projet professionnel réaliste, d’évaluer l’employabilité et de réorienter efficacement le parcours de recherche d’emploi. Ce type de bilan peut également permettre de cibler les formations les plus pertinentes en lien avec les secteurs qui recrutent.

 

Travailleurs indépendants

Les travailleurs non salariés, tels que les artisans, commerçants, micro-entrepreneurs, professions libérales, peuvent eux aussi accéder à un bilan de compétences, souvent dans une optique de repositionnement stratégique ou d’évolution de leur activité.

Pour le financement, plusieurs solutions existent. Le Compte Personnel de Formation (CPF) reste utilisable sous réserve d’avoir été alimenté (en fonction de la déclaration de revenus d’activité). En complément, les indépendants peuvent solliciter une prise en charge via leur Fonds d’Assurance Formation (FAF) de rattachement, comme le FAFCEA pour les artisans ou le FIFPL pour les professions libérales.

Ces fonds appliquent leurs propres plafonds annuels de prise en charge, souvent entre 900 € et 2 000 € selon la nature de la formation. Il est donc recommandé de déposer une demande préalable de financement directement auprès de l’organisme compétent.

 

Personnes en situation de handicap

Les travailleurs en situation de handicap, qu’ils soient salariés, demandeurs d’emploi ou indépendants, peuvent bénéficier d’un accompagnement renforcé pour accéder à un bilan de compétences adapté à leur situation.

Des structures comme Cap emploi, spécialisées dans l’accompagnement vers et dans l’emploi des personnes handicapées, peuvent orienter, conseiller et suivre la personne tout au long du processus. En outre, des financements spécifiques peuvent être mobilisés auprès de l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées), qui propose des aides pour couvrir tout ou partie du coût du bilan.

Cette démarche permet de mieux appréhender les contraintes liées au handicap dans l’orientation professionnelle et d’identifier des pistes compatibles avec la santé, les capacités physiques ou psychiques, et les aspirations personnelles.

 

un homme en costume

 

Jeunes sans qualification

Les jeunes ni en emploi, ni en formation, ni en étude — souvent appelés NEET (Not in Education, Employment or Training) — représentent un public prioritaire dans les politiques publiques d’insertion. Le bilan de compétences peut leur être proposé dans le cadre d’actions d’orientation ou de remobilisation.

Des dispositifs comme le Contrat d’Engagement Jeune (CEJ), mis en œuvre par France Travail, ou les Missions Locales, permettent aux jeunes de bénéficier d’un accompagnement global, incluant la réalisation d’un bilan de compétences. Celui-ci est utilisé comme un levier pour bâtir un projet réaliste et motivant, et mieux cibler les actions d’insertion à mener : retour en formation, apprentissage, service civique, etc.

Le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP), gratuit et accessible à tous, peut également accompagner ces jeunes dans la construction de leur parcours, en lien avec les réalités du marché du travail local.

 

Le bilan de compétences est un outil accessible à une large palette de publics en 2025. Qu’il s’agisse de salariés, d’agents publics, de demandeurs d’emploi ou de travailleurs indépendants, chacun peut, sous certaines conditions, bénéficier de cette prestation pour faire le point sur sa carrière et envisager une évolution professionnelle. Les dispositifs de financement sont nombreux et adaptés à chaque situation, rendant le bilan de compétences plus accessible que jamais.​

Image de L'auteur : Frédéric COURTOIS
L'auteur : Frédéric COURTOIS

En tant que fondateur de Made-in-entreprise.fr, je me suis spécialisé en création d'entreprise et en Web Marketing. Mon expérience et mon besoin de me former, de m'informer et de rester perpétuellement en veille me permettent de vous proposer des contenus toujours plus pertinents. Je partage avec vous mon savoir au travers de formations, d'articles de blog, de livres blancs et d'outils pour vous aider à créer ou gérer votre entreprise le plus sereinement possible. N'hésitez pas à me poser des questions via les commentaires ou le formulaire de contact, j'y répondrai.

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