En réaction à la hausse constante du prix du carburant, de nombreux français ont initié un mouvement dit des « gilets jaunes ». Ce qui n’était au départ qu’indignation disparate dans les réseaux sociaux est ensuite monté en puissance pour dénoncer, de façon plus générale, la perte du pouvoir d’achat des français. Depuis le milieu du mois de novembre 2018, le mouvement prend des proportions incroyables, partout en France. Cette action a-t-elle un impact sur les entreprises ?

Pour dénoncer la hausse des carburants : Bloquer les accès routiers

Les Gilets Jaunes ont décidé, depuis le début de leur action, de bloquer ou ralentir l’accès aux grands axes routiers, mais aussi certains hypermarchés et lieux stratégiques de la Capitale et de nombreuses villes françaises. Ces blocages ont une incidence sur les déplacements de particuliers, mais aussi sur ceux des entreprises. Ces dernières, en effet, utilisent le système routier pour affréter leurs marchandises. Ne pas pouvoir livrer à temps ou pas du tout, génère une perte de chiffre d’affaires importante.

L’impact sur les entreprises en chiffres

Les manifestations et les blocages des transports ont permis de dresser un premier bilan catastrophique dans de nombreux secteurs. Ainsi, la grande distribution, les marchés de marchandises fraîches, les commerces de détails et e-commerce, la restauration et l’hôtellerie subissent une perte de leur chiffre d’affaires de 15 à 50 %, selon le Ministre de l’Economie, Bruno Lemaire. On peut s’étonner de ces chiffres alarmants, mais, pour rappel, si le mouvement des Gilets Jaunes est contestataire, il se veut pacifique. C’était sans compter sur l’apparition de « casseurs », qui ont trouvé là, une opportunité de vandaliser, détruire, sous couvert d’intégrer le mouvement, en arborant le gilet jaune.

Ventes retardées, mais aussi vols et dégâts

Vitrines cassées, matériel volé, infrastructures dégradées, véhicules incendiés, le coût est estimé à plus de 3 millions d’euros, uniquement à Paris. Sur l’ensemble du territoire français, on en arrive à des factures en milliards d’euros, pour les commerçants. Réduites à l’impuissance, les entreprises renvoient leurs salariés chez eux, alors que la période des fêtes est censée représenter une des périodes les plus florissantes. Un manque à gagner qui sera difficile à rattraper.

Encore un effort demandé aux entreprises : La prime exceptionnelle

Encore un effort demandé aux entreprise, la «prime exceptionnelle défiscalisée» annoncée par Emmanuel Macron. Elle pourra aller jusqu’à 1 000 euros et notre premier ministre à annoncé que les entreprises auront jusqu’au 31 mars 2019 pour la verser. Cette prime sera entièrement exonérée de charges sociales et d’impôts sur le revenu.

Les entreprises sont libres de verser ou non cette prime. Cependant, nous pourrions nous demander si ça n’est pas une façon de demander aux entreprises de participer à l’effort financier réclamé par les Gilets Jaunes.

Quelles solutions pour les entreprises touchées par le mouvement des Gilets Jaunes ?

Si le Ministre de l’Economie parle de mesures, déjà initiées, comme la possibilité de prétendre au chômage partiel ou de demander une dérogation exceptionnelle pour pouvoir exercer leur activité le dimanche, comment surmonter les pertes déjà subies ? L’administration fiscale assure une compréhension des difficultés de paiement inhérentes au mouvement, en proposant par exemple, des remises de pénalités ou des délais de paiement. Les entreprises demandent de l’aide à l’Etat, qui aurait ainsi débloqué plus de 2 millions d’euros pour soutenir les quelques 200 entreprises, notamment des PME, qui en auraient fait la demande. Pour les sites de e-commerce, difficile, voire impossible de livrer les commandes spécifiques à la période de Noël, dans les temps. Les clients sont forcément mécontents.

Un impact sur les entreprises et le chômage

L’année 2018 n’avait déjà pas été favorable pour le commerce, elle se finit bien mal pour les entreprises touchées, qui vont avoir longtemps un genou sur le sol avant de pouvoir se relever. Il est à rappeler que la période des fêtes est propice aux petits emplois de renforts, notamment pour emballer les paquets en vue de Noël. Cette année, ils sont tous annulés. Les entreprises espèrent l’arrêt du mouvement, certaines pensent ne pas survivre à cette action, si elle perdure.

Toutes les entreprises sont-elles impactées négativement ?

Néanmoins, toutes les entreprises ne subissent pas les effets de cette crise. Au contraire, on pourrait dire que certaines surfent sur la vague jaune en vendant les fameux gilets. Après tout, presque 70 % de la population française soutient moralement le mouvement. On se doit d’arborer le gilet à l’intérieur de son véhicule pour avancer un peu aux ronds-points, quand le mouvement est en marche. Profiter ainsi de cette action contestataire leur permet de voir leur chiffre d’affaires grimper. On voit ainsi une hausse des ventes de 200 à 300 % dans les magasins physiques et de 25% sur Internet… Autre opportunité saisie par les associations mais également les entrepreneurs, au moment du Black Friday nous avons vu apparaître le Green Friday. Le but est de sensibiliser les consommateurs et les pousser à consommer de façon responsable. Cette initiative a profité du mouvement des gilets jaune pour toucher plus de monde.   Les Gilets Jaunes, un mouvement du peuple pour le peuple. Mais qui, par son ampleur, sa désorganisation, la présence de casseurs et l’absence de réponse du gouvernement met en péril une partie de la France pour laquelle il se bat. Un paradoxe, dans le visage sociologique français, mais les entreprises, à l’approche des fêtes de fin d’année, préféreraient une issue favorable à ce conflit afin d’éviter le pire.   Photo : Thomas Bresson