Près de 18 millions de Français ont aujourd’hui un lien avec l’entrepreneuriat. Selon l’Indice entrepreneurial français 2025 de Bpifrance Le Lab, 34 % des adultes appartiennent à ce que l’organisme appelle la « chaîne entrepreneuriale ».
Mais attention au raccourci : cela ne signifie pas qu’un Français sur trois est actuellement en train de monter son entreprise. Parmi les 53 millions de Français majeurs étudiés, 11 % ont réellement l’intention de créer ou reprendre une entreprise, 11 % portent déjà un projet, 16 % sont chefs d’entreprise et 14 % l’ont été par le passé. Plusieurs de ces situations peuvent d’ailleurs se cumuler.
Ce qui est frappant, c’est donc moins un hypothétique « rêve de devenir patron » partagé par un tiers de la population que la place prise par l’entrepreneuriat dans les parcours professionnels. Et les chiffres de créations d’entreprises montrent que cette appétence se traduit aussi, au moins en partie, dans les faits.
- Combien de Français veulent réellement créer leur entreprise ?
- Des millions de Français aimeraient entreprendre… mais ne passent pas à l’action
- La France n’a jamais créé autant d’entreprises
- Créer est devenu simple. Trouver un modèle économique l’est beaucoup moins
- Les femmes rattrapent progressivement une partie de leur retard
- Les chiffres à retenir sur l’entrepreneuriat en France
- Comment savoir si son envie d’entreprendre mérite d’être testée ?
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FAQ sur l’envie d’entreprendre des Français
- Est-ce qu’un Français sur trois veut créer son entreprise ?
- Combien de Français envisagent réellement de créer ou reprendre une entreprise ?
- Pourquoi autant de Français ne passent-ils pas à l’action ?
- Combien d’entreprises sont créées chaque année en France ?
- Faut-il quitter son emploi pour tester un projet entrepreneurial ?
- L’envie d’entreprendre est forte, mais le passage à l’action reste le vrai sujet
Combien de Français veulent réellement créer leur entreprise ?
En 2025, 11 % des Français adultes ont l’intention de créer ou reprendre une entreprise, soit environ 5,6 millions de personnes. C’est le chiffre à retenir lorsqu’on parle réellement d’intention entrepreneuriale.
Les fameux 34 % mesurés par Bpifrance correspondent à une réalité beaucoup plus large.
L’organisme distingue quatre profils au sein de sa chaîne entrepreneuriale : les intentionnistes, les porteurs de projet, les chefs d’entreprise et les anciens chefs d’entreprise. Les catégories se chevauchent : une personne peut par exemple déjà diriger une entreprise tout en préparant un nouveau projet.
Cette distinction permet d’éviter un raccourci fréquent lorsque ces études sont reprises : avoir un lien avec l’entrepreneuriat et avoir réellement l’intention de créer prochainement une entreprise ne signifient pas la même chose.
Il reste que 5,6 millions de Français envisageant une création ou une reprise représentent un vivier considérable.
Des millions de Français aimeraient entreprendre… mais ne passent pas à l’action
C’est peut-être l’une des données les plus intéressantes de l’étude Bpifrance.
En dehors de la chaîne entrepreneuriale actuelle, l’organisme identifie 16,4 millions de Français « freinés » : ils ont déjà envisagé de créer ou reprendre une entreprise, mais perçoivent des obstacles qui les empêchent de passer à l’action. À cela s’ajoutent environ 1,6 million de personnes ayant abandonné un projet.
À l’inverse, 9,7 millions de Français déclarent n’avoir jamais songé à créer ou reprendre une entreprise.
Ce chiffre change un peu la lecture du phénomène. Le principal réservoir entrepreneurial français n’est peut-être pas constitué de personnes qu’il faudrait convaincre de l’intérêt d’entreprendre, mais de personnes déjà séduites par l’idée et qui n’ont jamais trouvé les conditions suffisantes pour franchir le pas.
Sécurité financière, peur de perdre un revenu stable, difficulté à financer le démarrage, manque de compétences commerciales ou simplement difficulté à transformer une idée en offre vendable : le problème se situe souvent après l’envie.
Et c’est une différence importante. Donner envie d’entreprendre et permettre concrètement de le faire ne nécessitent pas les mêmes réponses.
Découvrez notre article : Perte d’emploi : comment rebondir grâce à la micro-entreprise ?
La France n’a jamais créé autant d’entreprises
Cette appétence intervient dans un contexte où les créations atteignent des niveaux records.
Selon l’Insee, 1 165 800 entreprises ont été créées en France en 2025, soit 5 % de plus qu’en 2024. C’est un nouveau record.
Le phénomène est largement porté par la micro-entreprise : 758 600 micro-entrepreneurs se sont immatriculés en 2025, contre 301 300 sociétés et 105 900 entreprises individuelles classiques.
La dynamique s’est poursuivie en 2026. Sur les quatre trimestres allant du troisième trimestre 2025 au deuxième trimestre 2026, l’Insee comptabilise environ 1,23 million de créations.
Cela ne signifie pas pour autant que la France compte soudainement un million de nouveaux entrepreneurs susceptibles d’embaucher et de développer une PME. La forte présence de la micro-entreprise raconte aussi une transformation des formes de travail : freelancing, prestations de services, activités complémentaires ou projets testés avec relativement peu de capital.
Derrière le mot « entrepreneur » cohabitent donc aujourd’hui des réalités économiques extrêmement différentes.
Créer est devenu simple. Trouver un modèle économique l’est beaucoup moins
Quelques formalités suffisent désormais pour lancer une micro-entreprise. C’est une évolution positive, mais qui peut donner une vision trompeuse de la difficulté réelle d’entreprendre.
Créer administrativement une entreprise et créer une activité capable de faire vivre son dirigeant sont deux étapes différentes.
L’Insee relève d’ailleurs que, sur la période récente, près de sept entreprises nouvellement créées sur dix deviennent économiquement actives dans les deux années suivant leur création.
Autre chiffre à mettre en perspective : 68 805 unités légales étaient en situation de défaillance en France en 2025. Ces entreprises ne correspondent évidemment pas à celles créées la même année et les deux statistiques ne doivent pas être directement comparées. Elles rappellent simplement que le nombre d’immatriculations ne suffit pas à mesurer la santé entrepreneuriale d’un pays.
Sur le terrain, le décalage apparaît assez rapidement. Avant de se lancer, beaucoup de futurs indépendants s’interrogent sur leur statut, leur nom, leur site internet ou leurs outils. Quelques mois après le démarrage, les questions deviennent généralement beaucoup plus terre à terre : où trouver suffisamment de clients ? Combien facturer ? Comment rendre le chiffre d’affaires plus régulier ?
C’est souvent là que commence réellement le métier d’entrepreneur.
Les femmes rattrapent progressivement une partie de leur retard
La progression de l’entrepreneuriat féminin constitue une autre évolution notable.
En 2025, 29 % des femmes appartiennent à la chaîne entrepreneuriale, contre 39 % des hommes. L’écart reste significatif, mais il s’est réduit au cours des dernières années : en 2018, la proportion chez les femmes était sensiblement plus faible.
On retrouve également cette évolution dans les créations effectives. Selon l’Insee, 43 % des créateurs d’entreprises individuelles en 2025 sont des femmes.
La moyenne cache toutefois de fortes différences selon les métiers. Les femmes sont beaucoup plus présentes dans l’enseignement, la santé humaine, l’action sociale ou certains services aux ménages, tandis que la construction et les transports restent très majoritairement masculins.
L’enjeu n’est donc plus uniquement d’inciter davantage de femmes à créer. Il est également de favoriser le développement des entreprises existantes, leur accès au financement et leur présence dans une plus grande diversité de secteurs.
Les chiffres à retenir sur l’entrepreneuriat en France
Ces données permettent de mesurer à la fois l’ampleur de l’intérêt des Français pour l’entrepreneuriat et l’écart qui subsiste entre l’envie, le passage à l’action et la création effective d’une entreprise.
| Indicateur | Chiffre |
| Français dans la chaîne entrepreneuriale | 34 % – près de 18 millions |
| Français ayant l’intention de créer ou reprendre | 11 % – environ 5,6 millions |
| Porteurs de projet | 11 % – environ 5,8 millions |
| Chefs d’entreprise | 16 % – environ 8,3 millions |
| Français « freinés » dans leur envie d’entreprendre | 16,4 millions |
| Créations d’entreprises en 2025 | 1 165 800 |
| Dont micro-entreprises | 758 600 |
| Femmes dans la chaîne entrepreneuriale | 29 % |
| Hommes dans la chaîne entrepreneuriale | 39 % |
Sources : Indice entrepreneurial français 2025, Bpifrance Le Lab ; Insee. Les catégories de la chaîne entrepreneuriale peuvent se chevaucher et ne doivent donc pas être additionnées.
Comment savoir si son envie d’entreprendre mérite d’être testée ?
Avant de réfléchir au statut juridique ou de déposer un nom de domaine, il existe une question beaucoup plus utile : quelqu’un est-il réellement prêt à payer pour cette offre ?
Pour une activité nécessitant peu d’investissement, le plus instructif consiste souvent à confronter rapidement son idée à de vrais clients potentiels. Une dizaine de discussions avec des prospects, quelques devis envoyés et, idéalement, une première vente apportent des informations qu’un business plan construit uniquement sur des hypothèses ne donnera pas forcément.
Il faut ensuite revenir à des chiffres très simples : combien faut-il facturer chaque mois pour se rémunérer ? Avec quelle marge ? Combien de clients cela représente-t-il ? Quelle trésorerie permettrait d’absorber trois ou six mois plus difficiles que prévu ?
Cette étape peut confirmer le projet, conduire à modifier l’offre ou parfois à renoncer. Découvrir avant la création qu’un marché est trop étroit coûte généralement beaucoup moins cher que de le découvrir six mois après.
Découvrez notre article : Création d’entreprise : quels sont les statuts juridiques préférés des Français en 2026 ?
FAQ sur l’envie d’entreprendre des Français
Est-ce qu’un Français sur trois veut créer son entreprise ?
Non. 34 % des adultes appartiennent à la chaîne entrepreneuriale de Bpifrance, qui comprend également des dirigeants, anciens dirigeants et porteurs de projet. La proportion ayant effectivement l’intention de créer ou reprendre une entreprise est de 11 %.
Combien de Français envisagent réellement de créer ou reprendre une entreprise ?
Bpifrance comptabilise environ 5,6 millions d’intentionnistes en 2025, soit 11 % de la population française adulte étudiée.
Pourquoi autant de Français ne passent-ils pas à l’action ?
Bpifrance identifie 16,4 millions de Français « freinés » ayant déjà envisagé l’entrepreneuriat. Le risque financier, le maintien d’un revenu, le financement, les compétences nécessaires ou la difficulté à transformer une idée en projet concret peuvent notamment peser dans la décision.
Combien d’entreprises sont créées chaque année en France ?
La France a enregistré 1 165 800 créations en 2025, selon l’Insee, soit un nouveau record. Les micro-entreprises représentent près des deux tiers de ces créations.
Faut-il quitter son emploi pour tester un projet entrepreneurial ?
Pas nécessairement. Lorsque l’activité et le contrat de travail le permettent, tester progressivement son marché peut réduire le risque. L’objectif est notamment de vérifier l’existence de clients avant de dépendre financièrement de la nouvelle activité.
L’envie d’entreprendre est forte, mais le passage à l’action reste le vrai sujet
Avec près de 18 millions de Français dans la chaîne entrepreneuriale et 5,6 millions ayant réellement l’intention de créer ou reprendre une entreprise, l’entrepreneuriat occupe aujourd’hui une place importante dans les parcours professionnels.
Mais le chiffre peut-être le plus révélateur est ailleurs : 16,4 millions de Français ont déjà envisagé de se lancer sans avoir franchi le pas.
La France ne semble donc pas manquer d’envie d’entreprendre. Le véritable enjeu est davantage de transformer cette envie en projets suffisamment solides pour trouver leurs premiers clients, générer un revenu puis durer.
Pour ceux qui envisagent aujourd’hui de se lancer, la première étape n’est donc probablement pas de créer leur entreprise le plus vite possible. Elle consiste à répondre à une question beaucoup plus concrète : existe-t-il suffisamment de clients prêts à payer pour transformer cette idée en activité durable ?







