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Création d’entreprise : quels sont les statuts juridiques préférés des Français en 2026 ?

1 165 800 entreprises ont été créées en France en 2025, selon les dernières données consolidées de l’Insee. Un nouveau record, en hausse de 5 % sur un an.

Mais les Français ne choisissent pas tous la même structure. Près de deux créations sur trois se font sous le régime de la micro-entreprise et, parmi ceux qui préfèrent créer une société, la SAS écrase désormais la SARL.

Le contraste est spectaculaire : 70 % des sociétés créées en 2025 sont des SAS ou SASU, contre seulement 24 % de SARL ou EURL.

Derrière ces chiffres se dessine une véritable évolution de l’entrepreneuriat français. Reste une question essentielle : les statuts les plus populaires sont-ils réellement les plus intéressants pour votre projet ?

 

Quel est le statut juridique le plus choisi en France ?

La réponse est sans appel : la micro-entreprise est de très loin la formule la plus utilisée pour démarrer une activité.

En 2025, l’Insee comptabilise :

  • 758 600 créations sous le régime du micro-entrepreneur ;
  • 105 900 entreprises individuelles classiques ;
  • 301 300 sociétés.

Autrement dit, environ 65 % de toutes les créations enregistrées en France en 2025 sont des micro-entreprises.

Attention toutefois au vocabulaire. La micro-entreprise n’est pas une forme juridique distincte : un micro-entrepreneur est juridiquement un entrepreneur individuel (EI) qui bénéficie d’un régime fiscal et social simplifié. L’entreprise individuelle peut également être exploitée hors régime micro, notamment sous un régime réel d’imposition.

La nuance paraît administrative, mais elle devient importante lorsqu’on commence à comparer les différentes possibilités pour lancer son activité.

 

une infographie sur le classement des statut juridiques les plus utilisés 2026

 

La micro-entreprise reste la grande favorite des créateurs

Son succès n’a rien de très mystérieux. Pour tester une activité de conseil, vendre ses premières prestations, exercer un métier indépendant ou développer une activité complémentaire, difficile de faire beaucoup plus simple.

Pas de capital social à déposer, pas de statuts de société à rédiger et une gestion quotidienne relativement légère. Les cotisations sociales sont en outre directement liées au chiffre d’affaires encaissé : sans chiffre d’affaires, aucune cotisation sociale proportionnelle au CA n’est due.

Cette simplicité correspond bien à la manière dont beaucoup de projets entrepreneuriaux démarrent aujourd’hui.

Créer une entreprise ne signifie plus nécessairement ouvrir un commerce, recruter trois salariés et investir 100 000 euros. Une activité de conseil, de formation ou de service peut parfois être lancée avec un ordinateur, quelques logiciels et quelques centaines d’euros.

Dans ce contexte, créer immédiatement une société peut représenter davantage de contraintes que de bénéfices pour quelqu’un qui souhaite simplement vérifier que son activité trouve des clients.

Le chiffre qui montre l’ampleur du phénomène

En 2012, la France avait enregistré environ 303 300 créations sous le régime du micro-entrepreneur. En 2025, elles sont 758 600.

Le nombre a donc été multiplié par environ 2,5 en treize ans.

Mais attention à la conclusion que l’on pourrait en tirer : une immatriculation ne signifie pas nécessairement qu’une activité économique importante va réellement démarrer.

L’Insee souligne d’ailleurs que, sur la période récente, près de sept entreprises créées sur dix deviennent économiquement actives dans les deux années suivant leur création, avec des différences importantes selon les catégories d’entreprises.

Le record français traduit donc deux phénomènes à la fois : un réel dynamisme entrepreneurial, mais aussi une facilité croissante à tester une activité sans prendre immédiatement beaucoup de risques.

 

SAS et SASU : les grandes gagnantes parmi les sociétés

Dès que l’on sort de l’entreprise individuelle, le rapport de force change complètement.

En 2025, 301 337 sociétés ont été créées en France.

Forme de société Créations en 2025 Part des créations de sociétés
SAS / SASU 210 418 environ 70 %
SARL / EURL 72 824 environ 24 %
Autres sociétés 18 095 environ 6 %

Source : Insee, SIDE, données publiées en avril 2026.

Mais le chiffre le plus intéressant est peut-être ailleurs : cette domination de la SAS est relativement récente.

En 2014, 94 604 SARL étaient encore créées contre seulement 64 797 SAS. Onze ans plus tard, le rapport s’est totalement inversé : 72 824 SARL contre 210 418 SAS en 2025.

Ce n’est plus une petite évolution des habitudes des entrepreneurs. C’est un véritable basculement.

 

Pourquoi les Français préfèrent-ils de plus en plus la SAS ?

La SAS, et sa version à associé unique la SASU, possède un argument particulièrement séduisant : sa souplesse.

Une SARL fonctionne dans un cadre relativement balisé par la loi. La SAS laisse davantage de liberté pour organiser le fonctionnement de l’entreprise dans ses statuts.

Cette flexibilité devient particulièrement intéressante lorsque plusieurs associés entrent au capital, lorsque l’entreprise envisage d’accueillir des investisseurs ou lorsque le projet doit pouvoir évoluer rapidement.

La SASU séduit aussi les entrepreneurs seuls

Il ne faut donc pas imaginer que la SAS concerne uniquement les startups avec plusieurs fondateurs.

La SASU permet à une personne seule de constituer une société. Son président relève, lorsqu’il est rémunéré au titre de son mandat, du régime général de la Sécurité sociale en tant qu’assimilé salarié, à l’exception notamment de l’assurance chômage.

C’est un argument qui peut peser dans la décision.

Mais cette protection sociale a aussi un coût. À rémunération nette comparable, le coût social d’une rémunération de président de SASU est généralement supérieur à celui d’un gérant associé unique d’EURL relevant du régime des travailleurs indépendants.

Voilà pourquoi la question « SASU ou EURL ? » ne peut pas être tranchée simplement en regardant quel statut est le plus populaire.

Découvrez notre article : SASU ou EURL : quel statut choisir pour devenir indépendant ?

 

un bureau de juriste

 

La SARL et l’EURL ont-elles vraiment perdu leur intérêt ?

Pas du tout.

C’est probablement l’une des erreurs les plus faciles à commettre lorsqu’on regarde ces statistiques : confondre popularité et pertinence.

La SARL a incontestablement perdu du terrain. En 2014, il se créait encore davantage de SARL que de SAS. En 2025, les SAS sont presque trois fois plus nombreuses parmi les nouvelles sociétés.

Pour autant, l’EURL et la SARL restent parfaitement adaptées à de nombreux projets.

Leur cadre juridique plus réglementé peut même devenir un avantage. Il offre moins de liberté statutaire qu’une SAS, certes, mais également un fonctionnement davantage encadré par la loi.

L’EURL peut notamment présenter un intérêt pour un entrepreneur qui souhaite se rémunérer régulièrement et privilégier un régime social de travailleur indépendant.

Prenons deux entrepreneurs avec exactement la même activité

Le premier souhaite se verser rapidement une rémunération mensuelle et conserver seul son entreprise pendant plusieurs années. Une EURL peut parfaitement avoir du sens.

Le second veut limiter sa rémunération au démarrage, conserver une partie des bénéfices dans l’entreprise puis potentiellement accueillir un associé. La SASU peut devenir plus naturelle.

Même chiffre d’affaires, même métier, mais pas nécessairement le même statut.

Et c’est souvent là que le choix se complique. Beaucoup de créateurs commencent par comparer le coût de création de leur société ou quelques points de cotisations sociales, alors que leur manière de se rémunérer, leurs dépenses professionnelles et leur projet à trois ans peuvent peser beaucoup plus lourd dans la décision.

 

Et l’entreprise individuelle hors régime micro ?

C’est la catégorie qui souffre le plus de la comparaison.

En 2025, seulement 105 900 entreprises individuelles hors micro-entreprise ont été créées, en baisse de 4 % sur un an. Il s’agit de leur niveau le plus faible depuis 2012.

Cela ne signifie pas pour autant que l’entreprise individuelle est devenue inutile.

Depuis la réforme entrée en vigueur en 2022, le patrimoine personnel de l’entrepreneur individuel bénéficie en principe d’une séparation avec le patrimoine professionnel, sous réserve des exceptions prévues par la loi.

Et l’EIRL ? Il n’est plus possible d’opter pour ce statut lors d’une création d’entreprise depuis 2022. Les EIRL existantes peuvent continuer à fonctionner, mais le nouveau statut de l’entrepreneur individuel a remplacé ce dispositif pour les nouveaux créateurs.

L’EI hors régime micro peut donc constituer un compromis intéressant pour celui qui souhaite rester seul sans supporter tout le formalisme d’une société.

Son problème est plutôt son positionnement : la micro-entreprise attire ceux qui recherchent une simplicité maximale, tandis que la SASU et l’EURL attirent ceux qui souhaitent disposer d’une véritable société.

L’entreprise individuelle hors régime micro se retrouve entre les deux.

 

Les statuts préférés ne sont pas les mêmes selon le projet

Il serait tentant de résumer les statistiques ainsi : micro-entreprise pour commencer, puis SASU lorsque l’activité grandit.

Dans la réalité, ce raccourci fonctionne mal.

Situation Statut souvent envisagé Pourquoi ?
Tester une activité avec peu de frais Micro-entreprise Simplicité et charges liées au CA
Freelance avec peu de dépenses Micro-entreprise Gestion légère
Activité avec beaucoup de frais EI au réel / EURL / SASU Possibilité de déduire les charges selon le régime
Entrepreneur seul souhaitant une société SASU ou EURL Personnalité morale et cadre sociétaire
Projet avec plusieurs associés SAS ou SARL Organisation collective
Projet susceptible d’accueillir des investisseurs SAS Grande souplesse statutaire
Entrepreneur recherchant un cadre très balisé SARL / EURL Fonctionnement davantage encadré

Il n’existe donc pas réellement de « meilleur statut juridique ». Il existe surtout un statut plus ou moins adapté à votre activité, vos dépenses, votre rémunération, la protection sociale recherchée et vos ambitions de développement.

 

Comment choisir son statut juridique sans se tromper ?

Avant de comparer les taux de cotisations ou le coût d’un comptable, mieux vaut faire une simulation du fonctionnement réel de l’entreprise.

Découvrez notre simulateur gratuit afin de trouver le bon statut juridique pour vous

Commencez par votre chiffre d’affaires, mais regardez surtout vos dépenses. Une activité générant 60 000 euros de chiffre d’affaires avec 3 000 euros de frais n’a rien à voir avec une entreprise générant exactement la même somme avec 25 000 euros de dépenses.

Demandez-vous ensuite combien vous souhaitez réellement sortir de l’entreprise chaque mois. Le régime social et fiscal n’aura pas le même impact si vous avez besoin de la quasi-totalité du résultat pour vivre ou si vous pouvez laisser une partie des bénéfices dans la société.

Enfin, regardez quelques années devant vous. Allez-vous rester seul ? Embaucher ? Accueillir un associé ? Chercher des investisseurs ? Revendre un jour l’entreprise ?

Le bon statut n’est pas seulement celui qui coûte le moins cher la première année. C’est celui qui ne devient pas un problème lorsque l’activité commence à fonctionner.

Pour un projet appelé à générer rapidement un revenu significatif, faire plusieurs simulations avec un expert-comptable avant l’immatriculation peut donc être beaucoup plus utile que de passer des heures sur un comparateur de statuts en ligne.

 

FAQ : les statuts juridiques préférés des Français

Quel est le statut d’entreprise le plus utilisé en France ?

Si l’on considère l’ensemble des créations, le régime de la micro-entreprise domine très largement. L’Insee a enregistré environ 758 600 nouvelles micro-entreprises en 2025, soit près de 65 % de toutes les créations d’entreprises.

La SA est-elle encore beaucoup utilisée pour créer une entreprise ?

Oui, mais la société anonyme (SA) concerne surtout des projets d’une certaine taille. Cette forme jurdique exige notamment un capital social minimum de 37 000 € et au moins deux actionnaires, ou sept si elle est cotée. Pour la majorité des créateurs, la SAS offre davantage de souplesse, ce qui explique en partie pourquoi la SA est aujourd’hui beaucoup moins courante parmi les nouvelles sociétés.

Quel est le statut de société le plus choisi ?

La SAS, qui comprend notamment les SASU lorsqu’il n’y a qu’un associé, domine largement. En 2025, 210 418 SAS ont été créées contre 72 824 SARL. Les SAS représentent ainsi environ 70 % des nouvelles sociétés.

SASU ou micro-entreprise : que choisir pour démarrer ?

La micro-entreprise convient particulièrement bien pour tester certaines activités avec peu de frais et une gestion simple. La SASU répond à une logique différente puisqu’il s’agit d’une société. Le chiffre d’affaires n’est donc pas le seul critère : les dépenses, la rémunération et l’évolution prévue du projet doivent aussi entrer dans la décision.

Pourquoi choisir une EURL plutôt qu’une SASU ?

L’EURL peut notamment être intéressante pour un entrepreneur seul qui souhaite se rémunérer régulièrement et relever du régime social des travailleurs indépendants lorsqu’il est gérant associé unique. La SASU offre de son côté davantage de souplesse statutaire et un régime social différent pour son président rémunéré.

Peut-on changer de statut lorsque l’entreprise grandit ?

Oui. Un micro-entrepreneur ou un entrepreneur individuel peut ensuite créer une société et y transférer son activité selon les modalités appropriées. Le statut choisi au démarrage n’est donc pas nécessairement celui que l’entreprise conservera toute sa vie.

 

Le statut préféré des Français n’est pas forcément le vôtre

Les chiffres racontent une histoire assez nette : les Français privilégient massivement la simplicité de la micro-entreprise lorsqu’ils se lancent et la souplesse de la SAS lorsqu’ils décident de créer une société.

La SARL, longtemps incontournable, a clairement perdu du terrain. L’entreprise individuelle hors régime micro recule elle aussi.

Mais choisir son statut en regardant uniquement ce que font les autres serait une erreur.

Un consultant avec 5 000 euros de dépenses annuelles, un artisan qui achète 60 000 euros de matériel et une startup qui souhaite lever des fonds peuvent afficher le même chiffre d’affaires et avoir besoin de trois structures totalement différentes.

La vraie difficulté n’est finalement plus de créer juridiquement son entreprise, mais de choisir une structure cohérente avec l’économie réelle du projet.

Avant l’immatriculation, posez donc quatre hypothèses sur le papier : chiffre d’affaires prévisionnel, dépenses, rémunération souhaitée et évolution envisagée à trois ans.

C’est généralement à partir de là que le choix de votre statut devient beaucoup plus clair.

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L'auteur : Frédéric COURTOIS

En tant que fondateur de Made-in-entreprise.fr, je me suis spécialisé en création d'entreprise et en Web Marketing. Mon expérience et mon besoin de me former, de m'informer et de rester perpétuellement en veille me permettent de vous proposer des contenus toujours plus pertinents. Je partage avec vous mon savoir au travers de formations, d'articles de blog, de livres blancs et d'outils pour vous aider à créer ou gérer votre entreprise le plus sereinement possible. N'hésitez pas à me poser des questions via les commentaires ou le formulaire de contact, j'y répondrai.

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