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8 millions de Françaises ont un lien avec l’entrepreneuriat : que révèle vraiment ce chiffre ?

Près de 8 millions de Françaises ont aujourd’hui un lien avec l’entrepreneuriat. Derrière ce chiffre publié par Bpifrance Le Lab se dessine une évolution assez nette : en 2025, environ 3 femmes sur 10 sont engagées, à un degré ou à un autre, dans une dynamique entrepreneuriale. Elles n’étaient que 2 sur 10 en 2018.

Mais attention à l’interprétation. La France ne compte évidemment pas huit millions de cheffes d’entreprise. L’indicateur englobe aussi les femmes qui envisagent de créer ou reprendre une activité, celles qui travaillent déjà sur un projet et les anciennes dirigeantes.

C’est justement ce qui rend l’étude intéressante. Elle ne mesure pas seulement la création d’entreprise, mais tout ce qui la précède. Et elle fait apparaître un enjeu moins visible : entre avoir envie d’entreprendre, construire réellement son projet et parvenir à en vivre, plusieurs étapes restent à franchir.

 

De l’envie de créer à la direction d’entreprise

Le chiffre avancé par Bpifrance couvre en réalité des situations très différentes. L’Indice Entrepreneurial Français ne s’intéresse pas uniquement aux cheffes d’entreprise en activité, mais à l’ensemble de ce que l’étude appelle la « chaîne entrepreneuriale ».

Elle comprend les femmes qui envisagent de créer ou reprendre une entreprise, celles qui travaillent déjà sur un projet, les dirigeantes en activité et celles qui ont déjà dirigé une entreprise.

Ces 8 millions de Françaises constituent donc davantage un vivier entrepreneurial qu’une population de cheffes d’entreprise. Certaines en sont encore au stade de l’intention, quand d’autres vivent déjà de leur activité depuis plusieurs années.

C’est une distinction importante pour comprendre la tendance actuelle : la progression ne concerne pas uniquement les créations d’entreprises. C’est aussi l’idée d’entreprendre qui gagne du terrain dans les parcours professionnels féminins.

 

une femme avec 3 autres personnes qui travaillent derrrière

 

L’entrepreneuriat séduit de plus en plus de femmes

La comparaison avec 2018 permet de mesurer le chemin parcouru.

À l’époque, environ 2 femmes sur 10 appartenaient à la chaîne entrepreneuriale. Elles sont désormais 3 sur 10. Chez les hommes, la proportion est restée beaucoup plus stable, autour de 4 sur 10.

L’écart entre les femmes et les hommes n’a donc pas disparu, mais la progression féminine est réelle.

Elle s’inscrit dans un mouvement plus large. En 2025, 34 % des Français participent à la chaîne entrepreneuriale, contre 32 % en 2023. Cela représente près de 18 millions de personnes.

Le regard porté sur la création d’entreprise évolue également. Selon Bpifrance, 3 Français sur 10 considèrent désormais l’entrepreneuriat comme le choix de carrière idéal, contre environ un sur quatre en 2021 et 2023.

Créer son activité apparaît donc de moins en moins comme une trajectoire professionnelle marginale ou réservée à certains profils.

 

Pourquoi l’entrepreneuriat attire-t-il davantage ?

Le développement de la micro-entreprise a incontestablement facilité l’accès à certaines activités indépendantes. Pour lancer une activité de conseil, de formation ou de prestation de services, il n’est plus forcément nécessaire de disposer d’un capital important ou de créer immédiatement une société.

Mais cette simplification administrative n’explique pas tout.

Les attentes vis-à-vis du travail ont elles aussi évolué. Recherche d’autonomie, reconversion, volonté de mieux maîtriser son organisation ou envie de développer un projet personnel peuvent rendre l’entrepreneuriat plus attractif.

Les créations d’entreprises confirment en tout cas l’ampleur du mouvement. Selon l’Insee, 1 165 800 entreprises ont été créées en France en 2025, soit 5 % de plus qu’en 2024 et un nouveau record. Parmi elles, 758 600 sont des micro-entreprises.

Pour autant, il faut distinguer facilité d’immatriculation et facilité à construire une activité rentable. Créer juridiquement une entreprise peut prendre quelques jours. Trouver suffisamment de clients pour en vivre demande généralement beaucoup plus de temps.

 

une femme derrière son bureau

 

Le véritable enjeu se situe entre l’envie et l’activité viable

C’est sans doute ce que le chiffre des 8 millions raconte de plus intéressant.

Penser à créer une entreprise, commencer à travailler sur son projet, réaliser ses premières ventes puis générer durablement un revenu suffisant correspondent à des situations très différentes.

Or, Bpifrance estime que 31 % des Français ont déjà songé à entreprendre mais ont été freinés, contre 28 % en 2021. Les obstacles évoqués ne sont pas uniquement financiers : sentiment de manquer d’expertise ou de crédibilité, peur du stress, solitude ou difficulté à préserver l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle entrent également en jeu.

On retrouve assez facilement ce décalage sur le terrain. Chez les personnes qui réfléchissent à se lancer, l’idée de départ est rarement le seul problème. Les questions arrivent rapidement : où trouver les premiers clients ? Quel prix pratiquer ? Combien faut-il facturer pour obtenir le revenu souhaité ? Est-il possible de tester l’activité avant de quitter son emploi ?

À ce stade, on ne parle plus simplement d’envie d’entreprendre. On commence à vérifier si cette envie peut devenir un modèle économique.

C’est probablement là que se joue une partie du potentiel représenté par ces huit millions de Françaises.

Découvrez notre article : Comment trouver une idée de business rentable ?

 

Les femmes restent moins présentes que les hommes

La progression observée depuis 2018 ne doit pas masquer les écarts qui subsistent.

En 2025, environ 3 femmes sur 10 appartiennent à la chaîne entrepreneuriale, contre près de 4 hommes sur 10.

Les différences sont également très importantes selon les secteurs. D’après l’Insee, les femmes représentent 44 % des créateurs d’entreprises individuelles en 2025. Elles sont cependant à l’origine de 74 % des créations dans la santé humaine et l’action sociale et de 75 % dans les autres services aux ménages.

À l’autre extrême, 97 % des créateurs dans la construction sont des hommes, tout comme 90 % dans les transports et l’entreposage.

Parler de « l’entrepreneuriat féminin » comme d’un ensemble homogène serait donc trompeur. Créer une activité indépendante dans les services, reprendre un commerce ou développer une entreprise nécessitant des salariés et des investissements importants ne pose ni les mêmes difficultés ni les mêmes besoins de financement.

L’enjeu ne porte ainsi pas seulement sur le nombre de femmes qui créent une entreprise, mais aussi sur les secteurs investis, la taille des projets et leur capacité à se développer.

 

8 millions de Françaises entrepreneures ? Ce que mesure réellement l’étude

Les différentes statistiques publiées sur l’entrepreneuriat ne mesurent pas toujours la même chose. Quelques repères permettent d’éviter les confusions :

Indicateur Ce qu’il signifie
Près de 8 millions de Françaises Femmes ayant un lien avec l’entrepreneuriat
3 femmes sur 10 Femmes appartenant à la chaîne entrepreneuriale en 2025
2 femmes sur 10 en 2018 Niveau observé sept ans auparavant
Près de 4 hommes sur 10 Hommes appartenant à la chaîne entrepreneuriale
44 % Part des femmes parmi les créateurs d’entreprises individuelles en 2025
1 165 800 Nombre total d’entreprises créées en France en 2025
758 600 Nombre de micro-entreprises créées en 2025

Sources : Indice Entrepreneurial Français 2025, Bpifrance Le Lab ; Insee, créations d’entreprises 2025.

Le chiffre des 8 millions renseigne donc sur l’intérêt et l’implication des femmes dans l’entrepreneuriat au sens large. Il ne correspond ni au nombre de cheffes d’entreprise ni au nombre d’entreprises créées par des femmes dans l’année.

 

une infographie sur les 8 millions de femmes proches de l'entrepreneuriat

 

Un record de créations qui mérite aussi d’être nuancé

Avec près de 1,166 million de créations en 2025, la France n’a jamais enregistré autant de nouvelles entreprises.

Les micro-entreprises occupent une place majeure dans cette dynamique : 758 600 ont été créées en 2025, soit près des deux tiers du total. Les créations de sociétés ont également augmenté de 6 %, pour atteindre 301 300.

C’est un signe de dynamisme, mais pas une mesure directe de la réussite entrepreneuriale.

Une immatriculation ne renseigne ni sur le chiffre d’affaires futur, ni sur le revenu que l’entrepreneur pourra réellement dégager, ni sur la durée de vie de l’activité. Certaines créations correspondent également à des activités complémentaires qui n’ont pas vocation à devenir la principale source de revenus de leur dirigeant.

Le nombre de créations est donc un indicateur intéressant, à condition de ne pas en faire un thermomètre unique de la santé entrepreneuriale française.

 

Comment savoir si une envie d’entreprendre peut devenir un vrai projet ?

Avant de consacrer plusieurs mois à un projet ou de quitter un emploi, mieux vaut confronter rapidement l’idée au marché.

Le premier réflexe consiste à parler à de vrais clients potentiels. Qui serait prêt à acheter ? Pour résoudre quel problème ? Et surtout, à quel prix ? Quelques échanges bien ciblés peuvent parfois remettre en cause des semaines de réflexion théorique.

Il faut ensuite faire ses calculs à l’envers. Si l’objectif est de dégager un certain revenu chaque mois, quel chiffre d’affaires faudra-t-il réellement atteindre après les cotisations, les frais professionnels et la fiscalité ? Combien de clients cela représente-t-il ?

Lorsque l’activité s’y prête, un test à petite échelle permet enfin d’obtenir des réponses beaucoup plus fiables. Décrocher trois premiers clients apprend souvent davantage sur un projet qu’un prévisionnel extrêmement détaillé construit sans confrontation au marché.

Les structures comme Bpifrance Création, France Travail, les chambres consulaires ou les réseaux d’accompagnement peuvent également aider à valider le modèle et à identifier les financements disponibles.

Le but n’est pas de supprimer le risque entrepreneurial. Il est surtout d’éviter de prendre une décision importante uniquement sur des hypothèses.

Découvrez notre article : Les bonnes pratiques pour réussir sa création de son entreprise

 

une femme entrepeneuse assise sur son bureau

 

FAQ sur les femmes et l’entrepreneuriat en France

Y a-t-il réellement 8 millions de femmes entrepreneures en France ?

Non. Près de 8 millions de Françaises ont un lien avec l’entrepreneuriat selon Bpifrance. Ce chiffre comprend les femmes souhaitant créer ou reprendre une entreprise, les porteuses de projet, les cheffes d’entreprise et les anciennes dirigeantes.

Quelle proportion de femmes est concernée par l’entrepreneuriat ?

En 2025, environ 3 femmes sur 10 appartiennent à la chaîne entrepreneuriale définie par Bpifrance. Elles n’étaient qu’environ 2 sur 10 en 2018, ce qui montre une progression nette en sept ans.

Les femmes entreprennent-elles autant que les hommes ?

Pas encore. Près de 4 hommes sur 10 sont engagés dans la chaîne entrepreneuriale, contre environ 3 femmes sur 10. La participation féminine progresse toutefois depuis 2018 alors que celle des hommes est beaucoup plus stable.

Combien d’entreprises ont été créées en France en 2025 ?

L’Insee recense 1 165 800 créations d’entreprises en 2025, soit une hausse de 5 % sur un an et un nouveau record. Les micro-entreprises représentent 758 600 de ces créations.

Quelle est la part des femmes parmi les créateurs d’entreprise ?

Les femmes représentent 44 % des créateurs d’entreprises individuelles en 2025 selon l’Insee. Cette moyenne cache de très fortes différences selon les secteurs, avec une présence féminine particulièrement importante dans la santé, l’action sociale et certains services aux ménages.

 

De l’envie d’entreprendre à une entreprise qui fonctionne

Le chiffre des 8 millions de Françaises ayant un lien avec l’entrepreneuriat montre à quel point la création d’activité s’est installée dans les perspectives professionnelles. La progression enregistrée depuis 2018 est difficile à ignorer.

Mais elle révèle aussi l’ampleur du chemin qui existe entre une envie et une entreprise capable de durer.

C’est sans doute là que se situe désormais l’enjeu : permettre à celles qui souhaitent réellement entreprendre de tester leur marché, chiffrer leur projet, trouver leurs premiers clients et mobiliser les bons accompagnements avant de prendre des risques importants.

Car le prochain indicateur intéressant ne sera peut-être pas seulement le nombre de Françaises qui envisagent d’entreprendre, mais la proportion de celles qui parviennent à transformer cette envie en une activité viable et durable.

Image de L'auteur : Frédéric COURTOIS
L'auteur : Frédéric COURTOIS

En tant que fondateur de Made-in-entreprise.fr, je me suis spécialisé en création d'entreprise et en Web Marketing. Mon expérience et mon besoin de me former, de m'informer et de rester perpétuellement en veille me permettent de vous proposer des contenus toujours plus pertinents. Je partage avec vous mon savoir au travers de formations, d'articles de blog, de livres blancs et d'outils pour vous aider à créer ou gérer votre entreprise le plus sereinement possible. N'hésitez pas à me poser des questions via les commentaires ou le formulaire de contact, j'y répondrai.

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