Circuit court : une nouvelle opportunité pour les créateurs d’entreprise

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La France, terre d’agriculture s’il en est, s’affiche dans les premières places européennes au regard du nombre d’exploitations, mais aussi du paysage agricole en terme de surface utile. Si la condition des agriculteurs fait souvent la une des journaux pour demander plus de moyens, de garanties et un prix de vente plus équitable en comparaison du prix de production, on assiste peu à peu à une désertification rurale. Pourtant une solution existe depuis quelques années : Le circuit court.

Qu’est ce que le circuit court ?

Comme son nom l’indique, le circuit court implique un nombre moindre d’intermédiaires et donc des prix différents, à l’avantage de l’exploitant. Il est également synonyme de proximité (la distance entre le lieu de production et celui de consommation ne devant pas dépasser 150 kilomètres) ; ce qui permettrait à de petits commerçants locaux de pouvoir faire face à la grande distribution. Une utopie ?

Une façon de consommer qui a évolué…

Cela ne relève pas de l’utopie, quand on se rend compte des choix alimentaires adoptés depuis quelques années par les français, notamment les citadins, qui privilégient des produits bio, une alimentation saine et made in France, pour leur santé dans un premier temps, mais aussi lutter, à leur façon contre la mondialisation, la désertification des zones rurales, la mort des petits commerces et le réchauffement climatique en limitant le bilan carbone. De grands enjeux se jouent donc dans le fait de commander des paniers de légumes de saison et d’acheter directement à la ferme…

S’adapter pour répondre aux besoins de la clientèle

La moitié des agriculteurs produisant des produits bio proposent déjà ce type de circuits. Pour répondre à la demande des clients dans le domaine de l’alimentation, les grandes enseignes ont dû innover pour suivre le mouvement en proposant par exemple des produits des régions, regroupés et mis en valeur. Ce sont majoritairement des exploitants de fruits et légumes qui optent pour le circuit court, mais cela pourrait se diversifier…

Comment le circuit court va influencer les créations d’entreprise ?

Valorisation du savoir-faire séculaire français en matière d’agriculture, mise en avant des légumes d’antan devenus fashion, réassurance du consommateur face aux scandales agroalimentaires, le fait de connaître l’exploitant et donc avoir une traçabilité claire de ce que l’on mange, poussent les français à se tourner plus volontiers vers ce type de mode de distribution. Cette réflexion, impulsée par les agriculteurs s’invite dans le monde de la création d’entreprise.

Le circuit court dans le monde des entreprises

En effet, une prise de conscience que le circuit court est amené à devenir une des normes pour répondre à plus de 70% des français qui souhaitent manger local pour des besoins sanitaires et de traçabilité, commence à faire son chemin. Si cela peut se jouer dans l’alimentaire, pourquoi pas ailleurs ? Tous les corps de métier pourraient y voir là une façon de mettre en avant un savoir-faire et cela pourrait susciter des vocations et l’engouement de personnes désireuses de créer une activité alliant production locale, lien social et solidaire. Quel que ce soit le statut en fonction de l’activité : en coopérative, en franchise pour s’étendre sur l’ensemble de l’hexagone ou autre, c’est une révolution qui se met en marche et se bat contre l’hyper mondialisation : On pense à la fabrication de la dentelle qui faisait la richesse de Calais dans les Hauts de France et qui pourrait renaître de ses cendres en travaillant avec de jeunes créateurs made in France. Les possibilités sont infinies.

Un agrément pour encourager le circuit court français

Encouragées par la loi sur l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), qui reconnait dans le circuit court « un impact social significatif », les entreprises qui proposeraient ce type de distribution pourraient recevoir un agrément « d’entreprise solidaire d’utilité sociale ». Une reconnaissance marquante vis-à-vis des consommateurs qui y verraient là le St Graal de ce qu’ils recherchent dans cette nouvelle façon de vendre et de consommer. Pour autant les distributeurs devraient montrer patte blanche en apportant les preuves tangibles que les produits relèvent du développement durable pour continuer à bénéficier de ce statut privilégié.

Des partenariats pour gagner en efficacité

Pour gagner en efficacité, les différents acteurs (agriculteurs, commerçants, artisans…) vont devoir créer des partenariats solides pour travailler dans une économie circulaire répondant à des attentes et des besoins d’un pays en constant développement démographique et continuer à proposer un véritable circuit court, c’est-à-dire en vendant directement au consommateur pour que ce mode de distribution ne soit pas exploité par certaines plateformes qui y verraient la poule aux œufs d’or. Pour fonctionner, ce type d’entreprises devrait être moins grandes, mais pourraient employer plus de personnel, pour des rentrées de trésorerie plus rapides et un endettement moins important, d’après des sources travaillant en circuit court dans la distribution alimentaire.

Frein à l’expansion massive des circuits courts : Il va falloir répondre aux besoins et aux exigences des consommateurs en dépit des aléas mais aussi pouvoir surmonter la difficulté d’expliquer le prix des produits, forcément plus chers qu’en grande distribution, face à une population confrontée de plus en plus à la stagnation de son pouvoir d’achat. La montée en puissance du digital doit également être prise en compte pour valoriser ce savoir-faire et ce mode de vente de produits pour pouvoir résister à la concurrence.

2018-11-18T19:09:33+00:00

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